Le logement des agriculteurs, souvent oublié des politiques d’aménagement, conditionne pourtant l’installation et la transmission des exploitations. Face au vieillissement des actifs et à la hausse des coûts, comment les collectivités peuvent-elles agir ? Décryptage et pistes d’action.
Alors que plus de la moitié des agriculteurs français partiront à la retraite dans les dix prochaines années, la question du renouvellement des générations se pose avec acuité. En lien avec les coûts du foncier et du bâti agricole, un frein majeur émerge : l’accès au logement. Souvent absent des stratégies d’aménagement, le logement paysan est pourtant une condition sine qua non pour sécuriser l’installation, notamment des nouveaux actifs, issus ou non du milieu agricole.
La publication de l’AUAT partage un état des lieux de cette question, avec l’éclairage expert de Coline Perrin, directrice de recherche en géographie à l’INRAE et Alessandra Miglio, architecte, doctorante au laboratoire OCS (ENSA Paris-Est) et à l’UMR Innovation.
Un double constat : concentration des exploitations et difficultés d’accès au logement
L’analyse revient sur la profonde mutation connue par le modèle agricole français. Le nombre d’exploitations a fortement baissé. Leur taille moyenne, elle, a augmenté. Cette concentration et la hausse des prix fonciers compliquent l’accès à la terre et au logement pour les nouveaux agriculteurs. Les repreneurs ont aujourd’hui moins de capacité d’achat individuel. Leurs besoins en logements collectifs sont en revanche plus importants. Les cédants, quant à eux, ne vendent pas systématiquement l’habitation avec la ferme, fragilisant davantage la transmission.
Une réglementation inégale et des outils à réinventer
Le cadre réglementaire des constructions en zone agricole varie beaucoup selon les départements. Cela crée parfois des incompréhensions pour les agriculteurs.
Cette publication présente des outils existants pour mieux planifier l’habitat. Les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) agricoles en font partie. L’acquisition de logements par un bailleur social pour les louer à une association d’agriculteurs est une autre solution. L’élaboration d’une stratégie foncière agricole locale est également possible.
Des leviers d’action concrets pour les collectivités
La publication met aussi en lumière plusieurs pistes d’action, comme la diversification de l’offre de logements, la sécurisation du lien entre logement et exploitation, ou encore l’amélioration de la connaissance du bâti agricole…
Consulter la publication « Logement paysan : un angle mort des politiques d’aménagement ? »
Crédit photo : Isabelle Souriment.

