L’économie haut-garonnaise ne se limite pas à l’aéronautique. Entre métiers résidentiels, vieillissement des actifs et besoins de recrutement, l’AUAT publie deux études croisées pour contribuer à la compréhension des tendances de l’emploi.
La Haute-Garonne et Toulouse sont souvent associés à l’aéronautique et au spatial. Si cette image de l’emploi est justifiée, elle demeure réductrice. Derrière les fleurons industriels se cache une réalité plus discrète, mais tout aussi essentielle. Six emplois sur dix exercés par les habitants du département relèvent de métiers dits « résidentiels » : santé, éducation, commerce, services publics, petit artisanat… autant de professions en réponse aux besoins de proximité et du quotidien pour les Haut-Garonnais.
Quels sont précisément ces métiers dans le département ? Quelle part d’hommes et de femmes les exercent ? Dans quelle mesure ces métiers sont-ils confrontés au vieillissement de la population active ? Quels sont les besoins de recrutement des employeurs locaux ?
L’AUAT partage deux publications pour répondre à ces questions. L’une porte sur l’aire d’attraction de Toulouse, l’autre sur la Haute-Garonne. Chacune apporte un éclairage différent et complémentaire.
Publication « 360 – Comportement de la population vis-à-vis de l’emploi »
Cette publication synthétique propose une mise en perspective sur quinze ans (2006-2021), centrée sur l’aire d’attraction de Toulouse.
Elle répond à une question simple mais cruciale : comment la population active évolue-t-elle dans la durée et dans quelle mesure le vieillissement des actifs est à l’œuvre ?
Les enseignements clés :
- Le taux d’emploi progresse : 67,8 % des personnes de plus de 15 ans occupent un emploi en 2021, soit 3 points de plus qu’en 2006. Cette hausse cache cependant de fortes disparités : le taux d’emploi des 50-64 ans a bondi de 15,2 points pour atteindre 69,4 %, alors que celui des jeunes (15-24 ans) a légèrement reculé de 2,3 points.
- Un vieillissement marqué de la population active : en 2006, on comptait 100 jeunes actifs (moins de 25 ans) pour 82,7 actifs expérimentés (55-64 ans). En 2021, le rapport s’est inversé : 135,4 actifs expérimentés pour 100 jeunes.
- L’âge moyen des actifs ne cesse d’augmenter : dans l’aire toulousaine, il passe de 38,9 ans à 40,5 ans entre 2006 et 2021.
- Des disparités territoriales : à Cahors, le vieillissement est encore plus marqué (250 actifs expérimentés pour 100 jeunes).
Publication « Haute-Garonne, une économie bien plus qu’aéronautique »
Cette étude s’appuie sur les données du recensement de la population. Elle dresse un état des lieux précis des 650 000 emplois que compte le département.
Elle détaille notamment :
- La part majoritaire des métiers résidentiels (santé, éducation, commerce, services publics…) dans la population active.
- La mixité des métiers : la moitié d’entre eux sont fortement genrés (c’est-à-dire occupés à plus de 75 % par un seul sexe).
- La place des travailleurs de nationalité étrangère dans l’économie locale.
- Le vieillissement différencié des professions : quels métiers sont les plus touchés par l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom questionnant le renouvellement de ces professions ?
- Les intentions d’embauche des employeurs : le marché se consolide avec des projets de recrutement de plus en plus nombreux, davantage de diversité dans les métiers les plus recherchés et localement, une relative moindre difficulté à les pourvoir.
Que retenir ?
Ces deux publications révèlent un territoire en pleine mutation tant en matière de demande que d’offre d’emplois. Du côté de la main-d’œuvre (la demande), ces analyses présentent la diversité des compétences de la population active et son vieillissement. Celui s’observe dans un territoire pourtant marqué par une forte croissance démographique depuis une trentaine d’années.
Du côté des employeurs, l’analyse des intentions d’embauche montre un marché de l’emploi qui se consolide, qui gagne en diversité et en spécificités. Les difficultés de recrutement y progressent mais dans une moindre mesure que dans d’autres départements de taille comparable. Il s’agit là d’une lecture sur le temps long (10-15 ans) qui peut évidemment être fortement percutée par les crises et bouleversements actuels.
Dans ce contexte, le vieillissement de la population active apparaît comme un enjeu transversal. Il interroge à la fois la capacité à renouveler les compétences, à organiser la transmission des savoir-faire et à adapter les conditions de travail. Certains métiers sont déjà particulièrement concernés : aides médico-psychologiques, conducteurs routiers et grands routiers, aides-soignants ou encore professeurs des écoles.


