Logement des jeunes : décohabitation précoce, parcours contrariés
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Logement des jeunes : décohabitation précoce, parcours contrariés

Logement des jeunes : décohabitation précoce, parcours contrariés

Ils décohabitent plus tôt qu’ailleurs, mais à quel prix ? En Haute-Garonne, 68 % des jeunes de 16 à 30 ans vivent hors du domicile parental, un record régional. Pourtant, derrière cette autonomie résidentielle précoce, les parcours et conditions de logement des jeunes sont variés et la précarité importante.

Une étude de l’AUAT, menée en partenariat avec la Caf de la Haute-Garonne, dresse un panorama des conditions de logement des jeunes dans le département. Entre attractivité toulousaine et tensions croissantes sur le parc de logements, quels sont aujourd’hui les freins à l’autonomie et à l’accès à un habitat adapté ? Et quelles solutions émergent ?

Une jeunesse nombreuse, mobile et hétérogène

Avec 22 % de sa population âgée de 16 à 30 ans, la Haute-Garonne fait partie des départements les plus « jeunes » de France. Toulouse concentre à elle seule 54 % de cette population, en lien avec son offre d’enseignement supérieur et d’emplois. Pourtant, tous les jeunes ne disposent pas des mêmes ressources. Le revenu médian des ménages fiscaux âgés de moins de 30 ans est inférieur de 19 % à celui de l’ensemble des ménages fiscaux du département. Et les écarts sont importants selon les territoires. Ainsi, le revenu médian des jeunes vivant dans la CC Cœur et Coteaux du Comminges atteint 1 430 € par mois, contre 2 040 € pour ceux de la CC des Coteaux du Girou (à proximité de la métropole toulousaine).

Des modes d’habiter qui se réinventent, sous l’effet de la mobilité des jeunes

Les jeunes Haut-Garonnais sont aussi très mobiles : 30 % ont emménagé dans leur logement depuis moins d’un an. Et la colocation ? Elle progresse, mais reste minoritaire (14 %). L’occupation d’un petit logement locatif privé domine, surtout entre 18 et 25 ans. Parmi cette large catégorie, les locations meublées explosent (+6 % par an en moyenne sur la dernière décennie). L’accession à la propriété recule quant à elle légèrement.

Offre dédiée : des étudiants aux jeunes actifs, des solutions de logement abordables qui restent insuffisantes au regard des besoins

L’étude recense près de 25 500 places en résidences étudiantes (Crous, bailleurs sociaux, résidences privées…). Une offre déjà conséquente… mais qui ne permet de loger en réalité « que » 18 % des étudiants. Au-delà de ce simple rapport quantitatif (tous les étudiants n’ont pas vocation à être logés dans un logement qui leur est « dédié »), c’est le manque d’offre abordable qui reste problématique dans un contexte de tension accrue sur l’ensemble du parc locatif.

En dehors des logements étudiants au sens strict, l’offre dédiée aux autres profils de jeunes (en activité ou en voie d’insertion sociale et professionnelle) reste limitée. Les Foyers de jeunes travailleurs (FJT, également dénommés « Habitat jeunes ») constituent le cœur historique de cette offre, notamment à destination des apprentis. Un foisonnement de nouveaux modèles est aujourd’hui visible, avec une variété de publics « cibles » : résidence sociale jeunes actifs / RSJA (personnes à faibles ressources), coliving (jeunes actifs plutôt aisés), cohabitation intergénérationnelle… Ces derniers restent néanmoins marginaux à ce jour.

L’accès au parc social reste quant à lui difficile : entre 2015 et 2024, le nombre de demandeurs âgés de moins de 30 ans a en effet augmenté de 85 %, tandis que les attributions chutaient de 20 %.

Apprentissage : un levier d’autonomie, mais de nouveaux besoins

La Haute-Garonne a connu une hausse considérable de son nombre d’apprentis sur la période récente (30 000 personnes en 2023), en lien notamment avec la réforme de l’apprentissage de 2018. Si les besoins associés à la « bi-résidentialité » entre lieu d’étude et lieu d’apprentissage restent ambivalents, les attentes en matière de logement évoluent (souhaits de petits logements autonomes et non plus de « simples » chambres).

Et demain ? Des pistes pour mieux loger les jeunes

En s’appuyant sur les professionnels interrogés, l’étude identifie plusieurs leviers pour contribuer à l’amélioration des conditions de logement des jeunes : développement de petites surfaces abordables, renforcement de l’accompagnement socio-éducatif, meilleure coordination entre opérateurs, ou encore soutien aux modèles solidaires font partie des pistes mises en évidence.

Consulter la publication « Les conditions de logement des jeunes en Haute-Garonne »

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