Claude Ducert : « L’agence m’a tout appris de l’urbanisme »
Agence d'urbanisme et d'aménagement Toulouse aire métropolitaine
AUAT

Claude Ducert : « L’agence m’a tout appris de l’urbanisme »

Claude Ducert : « L’agence m’a tout appris de l’urbanisme »

Maire de Labège de 1971 à 2008, créateur du Sicoval en 1975 et président pendant un quart de siècle, Claude Ducert revient sur sa relation étroite avec l’AUAT dès les premiers temps de sa vie publique. Un témoignage d’une manière emblématique de penser les territoires, partagé à l’occasion des 50 ans de l’agence.

En 1971, vous êtes élu maire de Labège, au moment où l’AUAT était en cours de création. Pouvez-vous nous rappeler quelques éléments de contexte ?

A mon arrivée à la mairie, Labège compte 700 habitants. Il n’y a alors ni assainissement, ni éclairage public, ni école maternelle. La voie ferrée comptait 5 passages à niveau. C’est un village agricole ! A ce moment-là, tout ingénieur au syndicat d’électricité que j’étais, je ne connaissais rien à l’urbanisme. Je me suis tourné naturellement vers l’AUAT : Jean Frébault et Jean Dellus, respectivement directeur et directeur des études, m’ont tout appris. L’objectif, que j’allais poursuivre jusqu’au terme de mes mandats, était alors d’engager le développement de la commune, mais de manière collective.

Vous avez donc contacté les communes voisines pour avancer ensemble

Nous étions en amont de la première vague de décentralisation et Labège seule ne pouvait développer une zone d’activités. Avec Saint Orens, Escalquens, Castanet, Auzielle, Auzeville-Tolosane, nous avons trouvé un accord de principe. L’AUAT a ensuite identifié une opportunité : une loi de 1962 permettait de bloquer les prix du terrain à partir du moment où l’on créait une zone d’aménagement différé. Il fallait le savoir ! Nous avons donc sanctuarisé 390 hectares pour ce qui deviendrait l’Innopole

Comment la commune a-t-elle pu financer l’achat de ces terrains ?

L’AUAT nous a conseillé de suivre l’exemple d’un concours organisé dans le nord de la France, qui visait à installer un hypermarché. Nous nous sommes lancés dans cette voie du fait de l’absence d’hypermarché à l’Est de Toulouse. Avec un Sicoval tout juste créé, nous avons mis en concurrence les enseignes. Alain Garès, qui suivait les questions économiques à l’agence, m’a accompagné tout au long du projet pour négocier le contrat final avec Carrefour. Il a abouti en mars 1983 avec l’ouverture du Carrefour Labège, non sans opposition des commerçants du département. En 1984, nous avons pu partager la taxe professionnelle, par convention annuelle entre collectivités du Sicoval. C’était une nouveauté, rendue possible grâce à une action engagée au préalable, toujours sur les conseil de l’agence d’urbanisme.

L’AUAT était donc à vos côtés tout au long du projet

Dès cette époque, l’agence n’était effectivement pas cantonnée à un rôle technique d’étude ou d’observation. Elle était déjà totalement impliquée dans les projets des collectivités et je peux dire que cela a été décisif pour Labège et le Sicoval, la première intercommunalité de France.

Aujourd’hui, les collectivités sont mieux armées pour penser le développement des territoires 

En effet, mais elles ont toujours besoin de l’agence d’urbanisme pour agir sur le temps long. Pour agrandir l’intercommunalité par exemple, l’agence nous a conseillé de négocier non pas avec les communes prises isolément mais plutôt avec des groupes de communes. Elles seraient ainsi mieux armées face au Sicoval, alors perçu comme une intercommunalité trop puissante. En effet, nous ne pouvions nous satisfaire d’une réussite économique à six communes et envisager un développement global à l’échelle d’un territoire pertinent, soit deux cantons regroupant la vallée de l’Hers et les côteaux adjacents. Nous avons donc élaboré une charte, à la parcelle près, pour définir les zones à construire, celles à préserver. 25 ans plus tard, le Sicoval est quasiment fidèle à ce qui avait été défini.

L’archive à découvrir : la demande de création de la ZAC de Grande Borde

Cette archive de 1977 est un extrait de la demande formulée par le Sicoval, tout juste mis en place, de créer la zone d’aménagement concertée (ZAC) de Grande Borde.

Elle comprend notamment des projections en matière d’emploi formulées à l’époque, pour motiver le projet.

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