Julie Garès : « Coconstruire les projets d’aménagement avec les citoyens sera inévitable »
Agence d'urbanisme et d'aménagement Toulouse aire métropolitaine
AUAT

Julie Garès : « Coconstruire les projets d’aménagement avec les citoyens sera inévitable »

Trois questions à Julie Gares, étudiante sollicitée dans le cadre de la série de témoignages en lien avec les 50 ans de l’AUAT. Elle suit une formation en master 2 Villes et environnements urbains à l’Institut national universitaire Champollion d’Albi. 

Julie Garès : « Coconstruire les projets d’aménagement avec les citoyens sera inévitable »

Trois questions à Julie Gares, étudiante sollicitée dans le cadre de la série de témoignages en lien avec les 50 ans de l’AUAT. Elle suit une formation en master 2 Villes et environnements urbains à l’Institut national universitaire Champollion d’Albi.  

Pourquoi avez-vous choisi cette voie pour votre formation ?

Après une licence en sociologie, j’ai souhaité poursuivre mon parcours universitaire en master Villes et environnements urbains. Mon mémoire de recherche portait sur le projet de rénovation urbaine de Cantepau, avec la question de l’impact de la rénovation urbaine sur les sociabilités. J’ai alors réalisé des entretiens auprès d’habitants avec une enquête ethnographique, un travail long et passionnant ! Aujourd’hui en M2, mon stage de fin d’année va se poursuivre au sein de l’agglomération Gaillac-Graulhet, au service habitat, pour travailler sur le logement et les jeunes. Mon master est très généraliste (mobilité, désertification commerciale, action cœur de ville) mais j’ai une appétence toute particulière pour l’habitat et le logement : je me sens destinée à ce champ urbain.

Quel sont les enjeux d’urbanisme qui vous tiennent à coeur ? 

La politique de la ville continue d’interroger l’aménagement du territoire, notamment dans les villes moyennes et leurs quartiers prioritaires. Il est nécessaire de travailler avec les habitants afin de leur offrir des possibilités de mobilités résidentielles notamment. En 2022, on ne peut plus accepter que des personnes soient mal logées, marginalisées, ou subissent une discrimination à l’adresse. J’espère pouvoir travailler sur cet enjeu qui pour moi est très important.

Autre sujet : l’émergence de la loi Climat et résilience et son objectif de zéro artificialisation nette. Je m’interroge sur d’éventuels effets pervers de cette politique à long terme, avec la possible future gentrification des milieux ruraux. Quel sera l’effet social sur la ruralité ? Elle permet aujourd’hui l’accès à la propriété pour des personnes issues des classes populaires. Les acteurs institutionnels et nous -futurs professionnels urbanistes – devons y faire attention. Aujourd’hui, l’enjeu profond est de refaire la ville sur la ville et nous devons le faire avec les habitants.

Comment pensez-vous que ces questions seront abordées à l’avenir ? 

Il faudra accorder plus de place à la concertation citoyenne. On se rendra compte de la richesse des habitants d’une ville, d’un quartier, d’une rue ou d’un immeuble. Ce travail qui commence à arriver, depuis 2014 notamment avec la loi Lamy, est un réel enjeu. D’ici 30 voire 50 ans, les habitants auront un poids décisionnel, institutionnel voire législatif à travers les conseillers citoyens. Il faut accentuer le pouvoir décisionnel en mobilisant éventuellement une meilleure méthodologie dans la co-construction et ceci quelle que soit la thématique. Ce n’est pas un travail facile car l’intérêt général et les intérêts personnels peuvent s’entrechoquer. D’où la nécessité d’adopter un bon relationnel auprès des conseils citoyens et une pédagogie aux côtés des habitants : faire comprendre les enjeux globaux des projets que l’on souhaite mettre en œuvre est peut-être la clé.

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