Jean-Charles Piteau : «La Caf de Haute-Garonne devient membre de l’AUAT pour franchir un cap»
Agence d'urbanisme et d'aménagement Toulouse aire métropolitaine
AUAT

Jean-Charles Piteau : «La Caf de Haute-Garonne devient membre de l’AUAT pour franchir un cap»

Interview de Jean-Charles Piteau, directeur de la Caf de la Haute-Garonne, qui adhère à l’agence d’urbanisme et d’aménagement de Toulouse aire métropolitaine

Jean-Charles Piteau : «La Caf de Haute-Garonne devient membre de l’AUAT pour franchir un cap»

Engagée dans une démarche proactive vis-à-vis des allocataires, la Caisse d’allocations familiales (Caf) de la Haute-Garonne institutionnalise sa relation avec l’AUAT. Revue des enjeux qui animent l’organisme dirigé par Jean-Charles Piteau.

Soutien direct au financement des collectivités territoriales et des familles, la Caf de la Haute Garonne est aussi un acteur du développement local. L’équipe, qui compte aujourd’hui 700 collaborateurs, engage cette année une démarche proactive vers les ayants droit et les allocataires.

Quels sont les enjeux pour la Caf de la Haute-Garonne en 2022 ?

La crise covid-19 nous conforte dans l’idée que les actions en faveur du lien social sont très importantes. Cette priorité est déjà une particularité de la Haute-Garonne puisque le département dispose de plus de 50 centres sociaux pour renforcer le lien social entre les personnes. Autre exemple : nous allons cette année accentuer le soutien à la parentalité via le site parents31 et son compte Instagram. Un effort particulier sera aussi engagé dès cet été pour permettre aux familles les plus démunies de partir en vacances avec Vacaf.

Chiffres clés :

  • 55% de la population de Haute-Garonne bénéficie de prestations sociales
  • 1,850 milliard d’euros alloués en 2021 aux allocataires
  • 200 millions d’euros alloués en 2021 aux partenaires
  • 14 000 places dans 650 crèches.
  • Près de 8 000 assistantes maternelles agréées, 85 Relais Petite Enfance.
  • 600 centres de loisirs et d’accueil périscolaire
  • 1 000 enfants pris en charge pour l’opération 1er départ en vacances chaque année

Vous avez engagé une campagne d’affichage pour favoriser l’accès aux droits. Pour quelles raisons ?

La Caf s’est historiquement positionnée en réponse aux demandes des habitants, avec des guichets. J’ai la conviction que notre service public doit dépasser cette logique, car beaucoup ne s’y déplacent pas. Nous avons donc créé un pôle de contact proactif. Sa mission est d’identifier les bénéficiaires potentiels d’aides et c’est une première en France.

L’idée est aussi venue du fait que des allocataires rencontrent parfois des difficultés à comprendre nos sms, nos emails, ou oublient des pièces justificatives. En les contactant directement, nous pouvons coproduire des données au téléphone et les enregistrer en direct dans leur dossier. Nous voulons accélérer l’accès au droit. La campagne d’affichage s’inscrit dans ce cadre, cette fois-ci pour aller au-devant d’habitants qui ignorent leur éligibilité au RSA, à l’aide au logement ou à la prime d’activité par exemple.

Vous avez donc amplifié vos actions en raisonnant par cibles, telle une démarche marketing

Exactement, avec une approche populationnelle. Un étudiant et un chercheur d’emploi n’ont pas les mêmes attentes à notre égard qu’une famille de quadragénaires, ou encore une personne isolée habitant en milieu plus rural. Notre mission est d’allouer les aides à tous les allocataires potentiels. Cette démarche initiée en 2021 sera généralisée en 2023.

« La baisse de la natalité
aura un impact sur
les équipements d’accueil »

Jean-Charles Piteau,
Directeur de la Caf
de la Haute-Garonne

La Caf suit les évolutions de la population pour adapter ses services : le profil des Haut-Garonnais évolue-t-il ?

Le profil est assez constant pour ce département qui reste attractif. La population du département demeure atypique puisqu’il est le plus jeune de l’Occitanie, avec plus de 50 000 étudiants bénéficiant de l’aide au logement. Nous recensons 40 000 bénéficiaires du RSA, ce qui est peu, mais aussi beaucoup de salariés avec des revenus inférieurs à 1 850 euros, soit 105 000 bénéficiaires de la prime d’activité. 100 000 foyers sont sous le seuil de bas revenus (1105 euros par membre du foyer) ce qui est très en deçà de la moyenne nationale (17%) et 15% de nos allocataires ont pour seule ressource les allocataires versées par la Caf, contre 18% en Occitanie.

Nous notons toutefois une variation importante concernant le taux de natalité, qui est en baisse depuis 2 ans. Cela aura un impact dans les années à venir sur les équipements d’accueil, les modes de garde et les prestations versées.

La Caf développe un partenariat avec l’AUAT depuis une dizaine d’années. Quels sont les enjeux de votre adhésion récente ?

Nous avons effectivement travaillé ensemble sur le logement, les familles monoparentales, les habitants des quartiers de la politique de la ville. Ces sujets resteront importants demain. L’enjeu de notre adhésion est d’institutionnaliser notre relation pour franchir un cap. La création récente de pôles régionaux d’observation socio-économiques, avec la Caf de Haute-Garonne comme organisme pivot en Occitanie, avec les Pyrénées-Orientales, nous demande de renforcer l’expertise de notre pôle statistique. La data est un enjeu majeur aujourd’hui et nous comptons sur l’AUAT pour nous aider à miser sur les sources les plus adaptées à nos activités.

Je pense aussi que la complémentarité des compétences entre les équipes sera très positive. L’AUAT compte des cartographes, des géomaticiens ou encore des sociologues : leurs savoir-faire seront précieux pour nos chargés d’études. Cette coopération pourrait bien en susciter de nouvelles à l’échelle nationale.

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