Qualité de l’air : les collectivités du plan de protection de l’atmosphère s’outillent ensemble
ppa visuel

Qualité de l’air : les collectivités du plan de protection de l’atmosphère s’outillent ensemble

Qualité de l’air : les collectivités du plan de protection de l’atmosphère s’outillent ensemble

Pollution de l’air, inégalités sociales de santé, urbanisme favorable à la santé… Élus et techniciens du PPA de la grande agglomération toulousaine ont planché sur des leviers concrets pour mieux intégrer la santé et la qualité de l’air dans leurs projets d’aménagement.

Le 16 avril 2026, l’AUAT réunissait élus et techniciens des cinq intercommunalités concernées par le plan de protection de l’atmosphère (PPA) de la grande agglomération toulousaine. Objectif : se doter d’outils opérationnels pour concilier urbanisme, qualité de l’air et santé des habitants sur ce territoire qui accueille plus d’1,1 million d’habitants à travers 113 communes. Une action pilotée par la DREAL Occitanie, financée par le Plan Régional Santé Environnement 4 et l’ADEME.

Deux visuels : l'un représentant les territoires des 5 intercommunalités couvertes par le PPA de la grande agglomération toulousaine, l'autre les participants de la réunion du 16 avril 2026 organisée à l'AUAT

Qualité de l’air : un enjeu sanitaire majeur

Sandrine Cheniki, ingénieure d’étude chez ATMO Occitanie, a rappelé que la pollution de l’air constitue la deuxième cause de décès évitables en France, avec environ 40 000 décès par an. Sur le territoire du PPA, on estime à 442 le nombre de décès évitables par an liés à la pollution atmosphérique, ainsi que 92 AVC et 812 nouveaux cas d’asthme chez les mineurs. Entre 580 000 et 643 000 personnes sont exposées à des concentrations de dioxyde d’azote supérieures aux valeurs guides de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Les modélisations présentées à cette occasion montrent que les formes urbaines influencent fortement la dispersion des polluants. Les axes routiers bordés d’immeubles concentrent les plus fortes valeurs, tandis que l’arrière des bâtiments peut être mieux protégé. La réduction du trafic motorisé, le développement des transports en commun et la piétonisation apparaissent comme des leviers prioritaires.

Inégalités sociales de santé : des expositions différenciées

Lucy Darras, de la plateforme AAPRISS, a introduit la notion d’inégalités sociales de santé (ISS). Elle a montré que l’exposition à la pollution de l’air suit un gradient social. Les quartiers les plus défavorisés sont ainsi les plus exposés. Sur l’agglomération toulousaine, l’exposition moyenne aux particules fines (PM2,5) est plus élevée dans les quintiles de défaveur sociale. L’intervenante a également souligné un paradoxe : entre 2009 et 2019, malgré une amélioration globale de la qualité de l’air, les inégalités sociales de santé se sont amplifiées sur le territoire du PPA. L’écart de mortalité attribuable à la pollution entre les quartiers les plus et les moins favorisés a augmenté de 30,4 %.

Pour quelles raisons ? Selon l’experte, à exposition égale, les conséquences sanitaires varient selon les ressources des individus, leur état de santé, l’accès aux soins ou la qualité de leur logement. L’enjeu est donc de compenser les inégalités par des actions ciblées et participatives.

L’urbanisme favorable à la santé : cinq axes d’action

Geneviève Bretagne, directrice des partenariats de l’AUAT, a présenté le concept d’urbanisme favorable à la santé (UFS), promu par l’OMS. Par leurs choix, aménageurs et collectivités peuvent réduire l’exposition à la pollution, dont la pollution de l’air. Ils peuvent aussi agir sur les nuisances sonores et l’isolement social, favoriser les mobilités actives, l’accès aux soins et aux espaces verts. L’UFS repose sur cinq axes majeurs :

  • Réduire les polluants, nuisances et agents délétères ;
  • Promouvoir des styles de vie sains (activité physique, alimentation) ;
  • Favoriser la cohésion sociale et le bien-être ;
  • Corriger les inégalités de santé ;
  • Gérer les antagonismes entre déterminants de santé.

Appliqué aux projets d’aménagement, l’UFS invite à considérer l’ensemble des « territoires de vie » des habitants, au-delà du seul logement.

Mise en pratique sur le secteur Cher – Réunion (quartier Bagatelle à Toulouse)

L’après-midi a été rythmée par un atelier collaboratif autour du projet de renouvellement urbain du secteur Cher – Réunion, dans le quartier prioritaire du Grand Mirail à Toulouse. Présenté par Guillaume Thomas, chef de projet renouvellement urbain à Toulouse Métropole, ce cas concret a permis aux participants de travailler en trois groupes : espaces publics, formes et fonctions urbaines, mobilités.

L’objectif : construire une boîte à outils opérationnelle pour intégrer la qualité de l’air à chaque étape d’un projet (études préalables, conception, travaux, exploitation). Les échanges ont souligné l’importance de l’implication des habitants et du suivi des clauses environnementales dans les marchés. La diversité des expertises des participants de l’atelier (mobilité, aménagement, santé, urbanisme) a ainsi permis d’alimenter les réflexions par une approche pluridisciplinaire.

Plusieurs outils à destination des collectivités ont été évoqués, parmi lesquels la plateforme www.atmoviz.org. Celle-ci permet de scénariser et de comparer les impacts de différentes politiques de mobilité sur la qualité de l’air. L’ensemble des productions issues de l’atelier sera mis à disposition des collectivités du PPA pour nourrir leurs projets d’aménagement.

Un cycle d’actions qui se poursuit

Cette première session s’inscrit dans un cycle plus large. Une balade santé-environnement est prévue le 28 mai 2026 sur le site de Montaudran Aerospace, suivie avant l’été d’un séminaire de clôture à destination des nouvelles équipes municipales.

Partager  : 

The owner of this website has made a commitment to accessibility and inclusion, please report any problems that you encounter using the contact form on this website. This site uses the WP ADA Compliance Check plugin to enhance accessibility.