Alicia Pinier : "Nous rétablirons l'importance de l'eau et du végétal dans nos villes"
Agence d'urbanisme et d'aménagement Toulouse aire métropolitaine
AUAT

Alicia Pinier : “Nous rétablirons l’importance de l’eau et du végétal dans nos villes”

Témoignage de l’étudiante en architecture Alicia Pinier, à l’occasion des 50 ans de l’AUAT

Alicia Pinier : “Nous rétablirons l’importance de l’eau et du végétal dans nos villes”

Trois questions à Alicia Pinier, étudiante en Master 2 à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse. Son témoignage contribue à la diversité de points de vue partagée à l’occasion du 50ème anniversaire de l’AUAT.

Pourquoi avez-vous choisi cette voie pour votre formation ?

L’aspect social m’intéressait quand j’ai commencé mes études d’architecture. Je voulais construire des espaces où les gens se sentent bien et ressentent des émotions. Puis, au fur et mesure des cours, j’ai découvert les liens qui unissent l’architecture, l’urbanisme et le paysage. Les confinements ont accentué les mutations et les attentes en termes d’habitat, de mobilité, d’environnement et d’alimentation. Allier conceptions urbaine et architecturale permet de comprendre des choses et aide à tenter de répondre aux enjeux sociaux, écologiques et de mobilités. 

Quel sont les enjeux actuels qui vous interrogent le plus ?

L’étalement des villes questionne beaucoup. Il entraine un mitage du territoire et grignote inexorablement les parcelles agricoles. Cela provoque des tensions sociales et une augmentation des déplacements. Doit-on continuer ainsi ? Il faut travailler sur la ville, la reconstruire sur elle-même, favoriser les transports en commun et les mobilités actives, se pencher sur la vacance qui donne l’opportunité d’utiliser le déjà-là, comme le disait Mathilde.

Les personnes ont besoin de retrouver du lien entre eux et de se reconnecter à leur environnement. Le cœur de l’écoquartier de Vidailhan est à cette image, avec une forte proportion d’espaces verts fonctionnant en symbiose avec la trame bleue. Face à la raréfaction des ressources, l’enjeu de l’eau est primordial. J’ai consacré un mémoire à la gestion des eaux pluviales dans les aménagements de nos villes avec l’aide de l’agence de l’eau Adour-Garonne. La réutilisation de l’eau pluviale peut irriguer les cultures, lutter contre les effets d’îlots de chaleur en centre urbain, améliorer le cadre de vie des habitants et être un vecteur de lien social à travers un urbanisme de l’eau.

Comment voyez-vous l’avenir dans 20 ou 30 ans ? Quels seront les enjeux ?

Si on ne fait rien, nous subirons nos erreurs du passé avec un changement climatique de plus en plus important. Cela provoquera des flux de population et entrainera une forte pression sur les ressources économiques, énergétiques et alimentaires.

Il est temps d’agir pour se diriger vers une société plus résiliente et un monde plus soutenable. A l’avenir, les villes s’adapteront aux besoins des habitants et limiteront la voiture en zone urbaine, au profit de transports plus propres. L’expansion urbaine sera réduite pour préserver les terres agricoles et nous emploierons des matériaux locaux et durables. Nous recyclerons plus encore. Les aménagements prendront en compte le contexte et le paysage. La préservation de la ressource en eau sera primordiale d’un point vue architectural, urbain et paysager, tout comme l’intégration du végétal.

Partager  :

commerce
économie
habitat
environnement
population
mobilités
foncier