Hugo Cavagnac : « Penser le territoire dans sa globalité »
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Hugo Cavagnac : « Penser le territoire dans sa globalité »

Hugo Cavagnac : « Penser le territoire dans sa globalité »

Réélu maire de Fronton et président de la communauté de communes du Frontonnais, Hugo Cavagnac est engagé dans la gouvernance de l’AUAT. Il revient sur les défis d’un territoire en croissance démographique : entre régulation urbaine, besoins de mobilités et transitions vers une santé globale.

Vous vous êtes engagé récemment dans la gouvernance de l’AUAT, en étant représentant du collège des EPCI, et vous avez été élu trésorier. Pour quelles raisons ?

C’est une démarche de « donnant-donnant ». Je suis ravi de m’impliquer au sein de l’agence, en réciprocité de l’ingénierie qu’elle apporte à nos équipes et aux élus depuis notre adhésion. C’est enthousiasmant de s’engager davantage au sein de l’agence à un moment où les enjeux d’aménagement et d’urbanisme sont nombreux pour le Frontonnais.  

HCavagnac

Vous observez une croissance démographique soutenue (+1,61 % par an), portée à 75 % par des arrivants venant de Toulouse Métropole. Comment la gérez-vous ?

Cette croissance dure depuis trois décennies. Notre enjeu est de mieux la réguler car, lorsqu’elle n’est pas maîtrisée, elle devient brutale pour les finances publiques et les équilibres socio-économiques. L’objectif est d’éviter un changement de statut trop brusque, de «petit village à ville grande », qui est souvent source de crise.

Le premier outil pour y parvenir, c’est la liberté des communes de réguler l’ouverture à l’urbanisation dans leurs PLU. Non pas pour empêcher, mais pour organiser. Les communes qui l’ont déjà fait seront moins en difficulté vis-à-vis du changement de paradigme de la loi Climat et résilience. Depuis le 12 mai 2026, nous avons pris la compétence PLUi. Cela nous aidera à canaliser les flux et à amplifier le travail réalisé jusque-là.  Notre ambition est de devenir plus que des créateurs de droits patrimoniaux, en pensant le territoire dans sa globalité, comme le font les urbanistes.

Vous parlez de croissance « subie ». Quelles sont les tensions les plus visibles ?

Le foncier a augmenté de 34 % ces dernières années. Le risque est de voir nos jeunes et nos actifs s’éloigner vers le nord (Montauban) faute de pouvoir se loger. Aujourd’hui, 72 % de nos résidents travaillent hors du territoire, alors que notre emploi local, très marqué par la logistique, manque de bras. La demande d’ouvriers est trois fois supérieure à l’offre de la population active locale.

Grâce à notre programme local de l’habitat, nous travaillons sur la mixité : le logement social ne doit pas être vu comme une difficulté, mais comme une solution pour loger les actifs dont nos entreprises ont besoin. Si les ouvriers ne peuvent plus payer leur loyer ici, ils iront travailler ailleurs…

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Comment comptez-vous diversifier l’offre d’emploi ?

La priorité est la densification des zones économiques pour accueillir d’autres activités. Eurocentre est bien sûr au cœur de cette réflexion, avant d’envisager des extensions via une solidarité foncière entre communes. La Région apporte 12 hectares sur un projet d’envergure régionale de 20 hectares. La solidarité communale en donnera 8. Mais l’équilibre économique, lui, se situe plutôt autour de 30 hectares, ce qui nécessitera des discussions collectives approfondies.

Vous avez développé un schéma directeur cyclable ambitieux. Comment le mettre en œuvre ?

Nous savions qu’en créant des attentes, nous créerions aussi des frustrations. Mais cela a déjà permis à des communes d’analyser ce qu’elles pouvaient faire, selon leurs moyens. Certaines avancent sur le piétonnier, d’autres sur le cyclable.

La mobilité est bien le caillou dans la chaussure de notre territoire. C’est pourquoi nous inscrivons cette action sur le cyclable dans un cadre plus large, celui du SERM. Nous souhaitons connecter Eurocentre à la zone aéroportuaire. Il s’agit de renforcer l’offre de service (cars, vélos, covoiturage, connexion au réseau bus et rabattements) pour faire de la gare de Castelnau-d’Estrétefonds un vrai pôle multimodal. L’enjeu est bien de délester les flux sur les hameaux du territoire. Un échangeur et un pont sur la Garonne seraient des solutions, ce qui soulève d’importantes questions environnementales. C’est l’addition de tous ces éléments qui fera la différence.

Les séniors ont augmenté de 67 % depuis 2006, deux fois plus vite que la population totale. Comment anticiper leurs besoins ?

C’est un sujet que je porte personnellement. Sur ce point, une expérimentation locale est en cours. Fronton s’est engagée dans le label « Ville amie des aînés ». La commune va lancer un « forum des expériences » composé de personnes de plus de 65 ans pour éclairer les décisions municipales. Si cette expérimentation réussit, nous la proposerons à l’échelle intercommunale. L’objectif est de mieux cerner les besoins en services de proximité et en transport à la demande notamment.

Vous engagez la révision du plan climat-air-énergie territorial. Quelle est votre approche ?

L’adaptation au changement climatique est notre priorité. Pour rendre cette politique concrète, nous allons positionner la « santé globale » comme matrice de nos politiques publiques. Cela englobe la santé des personnes, mais aussi celle des animaux et de l’agriculture, ce qui est essentiel pour notre territoire rural et viticole. Toutes nos études convergent désormais vers cette cohérence, ce qui fait la force et le dynamisme du Frontonnais.

Crédit photo : communauté de communes du Frontonnais.

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