Projet Qualisol : vers une cartographie enrichie de la multifonctionnalité des sols, au service des territoires
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Projet Qualisol : vers une cartographie enrichie de la multifonctionnalité des sols, au service des territoires

Projet Qualisol : vers une cartographie enrichie de la multifonctionnalité des sols, au service des territoires

Dans le cadre du projet de recherche Qualisol mené par INRAE, l’AUAT a récemment participé à un temps d’échange technique. L’enjeu : découvrir un nouvel outil de cartographie représentant les qualités intrinsèques des sols, tester ses limites et esquisser des pistes d’amélioration.

« Quelle serait pour vous la carte des sols idéale ? » C’est par cette vaste question posée par les chercheurs INRAE (UMRs TETIS et LISAH, Montpellier) qu’a débuté l’atelier organisé à l’AUAT le 5 juin dernier, alors que débutait le mois de la sobriété foncière en Occitanie.

Une question simple en apparence… qui a réuni – en tant que futurs utilisateurs – des représentants des équipes planification, transition écologique, économie et foncier de l’agence mais aussi de la CC Frontonnais dans un esprit de partage d’expertises. Un dialogue essentiel pour préciser la portée de ce projet de recherche et mesurer les bénéfices attendus pour les politiques d’aménagement de nos collectivités membres.

atelier qualisol AUAT juiN2026
De gauche à droite : Arnaud Mayis (pôle foncier, AUAT), Léa Courteille, Philippe Lagacherie, Eric Barbe (INRAE), Geneviève Bretagne (directrice des partenariats, AUAT).

Le projet Qualisol : de la donnée statistique à l’ADN des sols

Inscrit dans un programme piloté par la DGALN, le projet Qualisol vise à faire évoluer l’offre de cartographie existante. L’équipe INRAE s’appuie pour cela sur la méthode CSMS (cartographie des sols par modélisation statistique). Plus de 9 000 observations et analyses de sol collectées dans la région sont croisées. Sont aussi utilisés 200 indicateurs extraits de cartes de facteurs de formation du sol (climat, relief, végétation) ou issus de la carte des pédo-paysages. Le modèle ainsi constitué génère des cartes de fonctionnalités à une résolution fine (pixels de 25 m de coté) intégrant une estimation quantifiée de leur incertitude. Cette méthode permet in fine de modéliser les capacités « pérennes » du sol (comme sa profondeur ou le taux de sable) pour évaluer et cartographier son potentiel à remplir trois fonctions clés :

  • Le potentiel agronomique (production de biomasse).
  • L’infiltration et l’épuration de l’eau.
  • Le stockage de carbone.

Le projet Qualisol consiste à explorer le potentiel de valorisation de ces cartes monofonctionnelles et leur combinaison multifonctionnelle. L’objectif est de préfigurer, d’ici la fin de l’année 2026, une méthode et un outil de cartographie interactive facilitant la confrontation des points de vue. L’enjeu est captivant : délivrer une notation scientifique des capacités fonctionnelles pérennes des sols. L’originalité de la démarche réside dans la possibilité d’impliquer les futurs utilisateurs des cartes dans la pondération des fonctions.

Quels bénéfices concrets pour l’aménagement des territoires ?

Au-delà de la performance scientifique, l’atelier a permis d’identifier des bénéfices opérationnels attendus pour un usage local :

  • Une aide à la décision ciblée pour les élus : la carte idéale n’est pas seulement un bel outil technique, c’est un levier d’aide à la décision. La démarche Qualisol associée aux données fines de la CSMS, permettra aux élus locaux de pondérer les critères de fonctionnalité des sols afin de définir, cibler et prioriser par exemple les zones à renaturer ou à préserver. 
  • Une approche systémique et transversale du sol : complétant les données d’occupation (OCS GE, …), ces données lieront les fonctionnalités profondes des sols aux enjeux de surface. L’outil permettrait ainsi de croiser la donnée “sol” avec l’ensemble des thématiques d’un projet de territoire, qu’elles soient économiques (foncier économique), environnementales (trames écologiques) ou sociales. 
  • Une connaissance fine et contextualisée des spécificités de chaque territoire.

En participant à cet atelier, l’AUAT réaffirme sa volonté d’anticiper l’arrivée de ces données de nouvelle génération. L’objectif est de transformer cette recherche de pointe en outils opérationnels, pour toujours mieux accompagner les projets de territoire.

Pour aller plus loin : découvrir les travaux de thèse de Léa Courteille « Impact de la représentation cartographique de l’incertitude pour la prise de décision ˸ le cas de la prise en compte de la qualité des sols dans l’aménagement du territoire »

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