Gaëtan Cognard : « S’intéresser aux modes de vie et aux usages est essentiel pour faire la ville » - AUAT
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Gaëtan Cognard : « S’intéresser aux modes de vie et aux usages est essentiel pour faire la ville »

L’AUAT débute une nouvelle démarche pour aider les élus à comprendre les modes de vie et usages des habitants de l’aire métropolitaine de Toulouse. Interview de Gaëtan Cognard, élu-référent de Mod/Us

Gaëtan Cognard : « S’intéresser aux modes de vie et aux usages est essentiel pour faire la ville »

Le conseiller métropolitain et délégué à la politique de la ville de Toulouse Gaëtan Cognard partage ses attentes à l’égard d’une nouvelle démarche de l’AUAT : étudier les modes de vie et les usages (Mod/Us) des habitants.

L’AUAT vous a sollicité pour être élu-référent de la démarche Mod/Us : qu’en espérez-vous ?

La crise covid-19 a accéléré le changement des modes de vie. Beaucoup de personnes ont de nouveaux usages de leur logement. Les rapports sont aussi différents avec les lieux de travail et bien entendu avec l’espace public. C’est donc intéressant que l’agence d’urbanisme se mobilise pour accompagner les élus, dont je fais partie, à comprendre différemment ce que l’on peut voir ou entendre ici et là, au contact direct des habitants. L’approche qualitative de la question viendra, en outre, enrichir les études statistiques que l’AUAT réalise historiquement. Autrement dit, j’attends de la démarche qu’elle aide les élus à donner corps à ce qu’ils peuvent percevoir sur le terrain, ou à l’occasion d’enquêtes publiques.

Gaëtan Cognard, maire du quartier La Mirail-Université / Reynerie / Bellefontaine (secteur Toulouse Ouest)

S’intéresser aux usages, c’est questionner le chemin de traverse fait par les pas des habitants, à côté du sentier balisé.

Gaëtan Cognard, conseiller métropolitain, maire du quartier La Mirail-Université / Reynerie / Bellefontaine (secteur Toulouse Ouest)

Bien des villes sont déjà tournées vers l’usager : vous pensez que cela ne suffit pas ?

Les comités citoyens, les enquêtes publiques et « Mes idées pour mon quartier » permettent bien à des Toulousains de prendre part à la vie de la cité. Nous pouvons cependant compléter cette connaissance en sollicitant des chercheurs. Il est aussi utile de faciliter l’expression de celles et ceux qui ne prennent pas la parole à travers des dispositifs aussi balisés. L’approche qualitative de Mod/Us devrait ainsi permettre de faire connaître des usages peu questionnés ou identifiés jusque-là.

Comment pensez vous exploiter les conclusions issues de la démarche Mod/Us ?

L’idée de Mod/Us est de détecter des tendances, ou des besoins par exemple d’adapter les habitations. Si le besoin est identifié, on peut imaginer appuyer des demandes auprès des bailleurs ou promoteurs pour disposer d’espaces dédiés aux livraisons dans des halls d’immeubles. Il pourrait aussi être question d’appartements partagés pour recevoir son entourage ponctuellement. Encore une fois : s’intéresser aux modes de vie nous aidera à penser différemment les objets que sont les logements et l’espace public.

Le renouvellement urbain et la lutte contre la vacance sont deux sujets importants pour vous : quel lien faites-vous avec la démarche Mod/Us ?

En tant qu’élus, il est attendu que nous fassions le lien entre les bailleurs, les habitants, les associations et les entreprises du territoire. A la Reynerie à Toulouse, des locaux précédemment utilisés par les services de la ville vont être gérés par l’agence Intercalaire, jusqu’à la destruction du bâtiment. Des entrepreneurs ou associations du quartier y seront accueillis, moyennant la répartition des charges du bâtiment. C’est un exemple de réponse à des attentes d’usages différents. J’en profite pour lancer un appel aux bailleurs et aux promoteurs : faites-nous savoir que des locaux seront prochainement vides ! Ils peuvent être utiles pour faire de l’hébergement ou accueillir des entreprises, tout en épargnant aux bailleurs des frais de gardiennage jusqu’à la destruction.

Le premier sujet de la démarche Mod/Us est « la ville à domicile » : pouvez-vous nous en parler ?

La crise covid-19 pose encore de nombreuses questions. Si l’on s’arrête sur l’exemple du télétravail, nous ne verrons pas “la fin des bureaux” annoncée par certains, car ce n’est pas si simple. Nous devons comprendre plus finement le rapport au travail qui se développe aujourd’hui, les nouvelles mobilités et bien d’autres sujets que l’on n’imagine peut-être pas encore. Etudier la ville à domicile complètera donc les observations réalisées depuis 2020 par l’AUAT. Les usages dans l’aire métropolitaine de Toulouse changent continuellement. Nous devons anticiper autant que possible les besoins de demain en détectant les signaux faibles.

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